Le Dispositif "Autrement"

Le Département donne la définition des « enfants à problématiques multiples » suivante : « enfants ou adolescents, confiés à l’ASE dans un cadre administratif ou judiciaire, présentant des troubles du comportement et/ou de la personnalité en lien ou non avec un handicap identifié et nécessitant une prise en charge spécialisée sur le plan de la gestion quotidienne, de la scolarité et du soin.
Enfant ou adolescent relevant à la fois de l’ASE, des services médico-sociaux et de la psychiatrie et ne trouvant de solution d’accueil exclusive et complète dans aucune structure de ces 3 champs d’intervention »

Ces jeunes ont tous en commun leur incapacité à être en relation adaptée avec les autres (pairs, adultes). Ils sont alors souvent exclus de leur famille, du milieu scolaire, et de toute structure impliquant une vie à plusieurs (famille d’accueil, internats éducatifs, milieu hospitalier…).

Quel que soit leur âge, qu’ils soient fille ou garçon, ils manifestent aux travers de comportements violents ou de repli sur soi, une souffrance telle qu’ils ne peuvent construire un rapport à l’autre leur permettant de grandir. Tous les aspects de leur vie sont impactés : relation affective, apprentissage, insertion sociale.

Leur mal-être est bien souvent le résultat d’un cumul de facteurs traumatiques rendant le rapport à l’autre insupportable. L’accumulation de ruptures (familiales, scolaires, prises en charge éducatives et de soins…) accentue la perte de sens du parcours de vie et éloigne des origines cette souffrance.

Les solutions d’aide étant inopérantes, ces jeunes s’enferment progressivement dans un schéma d’addictions, de violences, de dépassement des règles, voire de délinquance.

Si leur détresse psychique (reconnue psychiatriquement ou non), les amène à refuser toute forme d’aide classique, une approche très individualisée englobant l’éducatif et le thérapeutique peut leur permettre de sortir de la spirale d’autodestruction dans laquelle ils s’installent et de trouver un apaisement dans leur relation à la famille, aux adultes, à leurs pairs.

Chaque professionnel en charge de l’accompagnement d’un jeune adapte en permanence sa pratique qui nécessite une grande souplesse et de nombreux pas de côtés, il s’agit de montrer au jeune que l’on maintient le lien coute que coute afin qu’il se sente entendu et reconnu dans ses difficultés tout en valorisant ses ressources.

La notion de cohésion d’équipe est extrêmement importante. Il peut paraître qu’un objet, une façon d’agir, une parole peut venir faire rituel et apaisé les crises d’angoisses, mais ce qui est efficient avec un adulte ne l’est pas forcément avec l’autre. C’est pourquoi l’objet, le geste, la parole a valeur de médium pour rendre cette relation possible. Souvent, pour ces enfants et pour des adolescents, agir leur est plus facile que parler.

Pour les adolescents accueillis dans le cadre de ce dispositif, il s’agit de les aider peu à peu à s’inscrire dans un rythme de vie qui va leur donner de nouveau repères. Mais ce travail ne tient que par un accompagnement quotidien qui nécessite « du faire avec », de la fermeté, du dialogue, de la répétition.

Il est parfois nécessaire de lâcher prise lorsque le jeune est prêt à tout laisser tomber mais en proposant des espaces courts de respiration (marche ensemble, séjour court dans un autre lieu, action sportive pour se surpasser,...).