Le groupe Pré-SAP

Le Pré-Sap est le dernier maillon de la prise en charge des jeunes à l’internat de la Maison de l'enfance de Carcé.

Il accueille des jeunes garçons et filles de 15 à 18 ans.
Le nom de Pré-Sap signifie : Préparation au Service d’Adaptation Progressive

Découlant donc de la tranche d’âge, l’objectif éducatif du groupe n’est pas d’aider les jeunes à se préparer au service de suite (ou en tous cas pas seulement) mais avant tout à la majorité et à l’autonomie.
Nous entendons par là, préparer le jeune à l’aptitude au choix et à en assumer les conséquences, à se situer par rapport aux normes sociales, à se prendre concrètement en charge.
L’objectif principal de l’action éducative menée au Pré-Sap est de permettre au jeune de trouver un équilibre personnel, relationnel et une insertion sociale qui lui permette de devenir un citoyen autonome et responsable.

Pour répondre au mieux aux besoins, le travail éducatif est basé sur l’accompagnement du jeune dans l’élaboration de son projet individuel. Mais cette prise en charge individualisée s’effectue dans une dynamique de groupe.
C’est sûrement ce qui fait la particularité du groupe Pré-Sap. Nous accueillons 12 jeunes, mais la vraie notion de collectivité n’intervient essentiellement qu’au moment des repas. La plupart du temps, chaque jeune se situe dans le cadre de son projet individuel. L’essentiel de l’action éducative du Pré-Sap se situe à ce niveau.
Nombre de moyens mis en place par l’équipe (pluridisciplinaire) découlent directement des moyens institutionnels. Répondre aux besoins et aux demandes des jeunes est notre première mission.
Le lieu de vie se situe sur un pavillon spécifique, le cadre est sécurisant, chaque jeune dispose d’une chambre individuelle.
Il bénéficie également d’un accompagnement éducatif individualisé, par le biais de la référence, résultant de l’élaboration de son projet personnel.
Plus spécifiquement, le Pré-Sap dispose de quatre studios au sein du groupe.

UN DUR TRAVAIL DE DEUIL ...
Compte tenu de la tranche d’âge et aussi paradoxal que cela puisse paraître, dès l’arrivée d’un jeune, il nous faut penser à son départ.
Cela amène à nombre de questions qui vont finalement déterminer toute notre action. A quel moment un jeune est autonome ? Quand jugeons nous que c’est le bon moment pour le départ d’un jeune et avec quels critères de priorité ?
Préparer un départ ; oui mais vers où ?
Y a t-il un lien à faire entre le « passé institutionnel » du jeune et son orientation après le Pré-Sap ?
Y a t-il une lassitude de l’institution à prendre en compte ?

Une des particularités du groupe est que nous nous situons en très grande majorité dans un travail de deuil du retour en famille. Toutefois, le deuil n'est pas rupture, il peut être l'occasion d'une réélaboration dans le parcours de vie des jeunes, d'une recomposition.

Aussi, l’équipe doit-elle travailler sur les autres perspectives qui existent après le groupe (appartement individuel, appartement avec suivi éducatif, …). Cela sous entend dans tous les cas une préparation à l’autonomie.
Vis à vis de la famille, il nous faut travailler sur les nouveaux liens à créer entre le jeune et sa famille, une fois passée l’illusion du retour.
Notre rôle consiste souvent à les accompagner jusqu’à la limite de l’illusion du retour. Cela passe par un travail de mise en situation du jeune afin que ce soit lui qui prenne conscience de l’impossibilité du retour, ou de son intérêt pour lui et son évolution.
Nous devons avoir conscience de nos limites, ne pas vouloir aller trop loin avec le jeune (le garder trop longtemps sur le groupe). Il n’est pas évident de trouver un juste milieu entre un départ prématuré et un départ trop tardif. La réalité du jeune ne vas pas forcément dans le sens de nos désirs pour lui. Il a ses propres limites, ses propres envies.
Parfois, il y a nécessité pour le jeune d’un passage à l’acte pour marquer, anticiper ou provoquer son départ du groupe. Ce dernier peut se faire dans la violence, la mise en danger de lui-même ou de son entourage.
Nous constatons souvent, après le premier travail de deuil du retour en famille, un ré-investissement du lieu de vie. Il nous faut alors travailler sur un nouveau deuil, celui du départ du groupe et ce sans forcément attendre que le jeune exprime un souhait de départ.
Il nous faut être vigilant car nous pouvons inconsciemment ou pas, avoir tendance à stopper ou à limiter le travail sur le départ du groupe (surprotection du jeune, désir de pallier un manque affectif, confort dans nos prises en charge, souhait de prendre le temps pour permettre au jeune de mieux se préparer…)